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 Les fiches de moi.

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MessageSujet: Les fiches de moi.   Mar 13 Oct - 7:10


Jaden Preston
33 ans • Américaine • Agent spécial de la DEA • Emerald Freedom
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i've got a war in my mind

Curieux comme les événements peuvent affecter la vie d'une personne, n'est-ce pas ? La mettre sur un chemin ou bien un autre. À sa sortie du lycée, Jaden n'avait pas vraiment de grand plan pour l'avenir. Il n'y avait jamais spécialement réfléchi et ne s'en souciait guère, trop occupé à de profiter de ses jeunes années, de sa famille, de la notoriété qu'il avait dans son lycée, de ses amis. Poursuivre les études ? Il estimait que ce n'était pas spécialement son truc mais peut-être aurait-il fini par aller à la fac. Il aurait tout aussi bien pu rejoindre les forces de l'ordre comme son père même si rien ne l'amenait à penser qu'il avait là une probable vocation. Il n'était pas vraiment décidé. Et il n'a jamais eu à le faire. Ce sont les autres qui ont choisi pour lui ce qu'il allait devenir. Les autres, ce sont ces hommes qui, le onze septembre 2001, ont détourné plusieurs avions et attaqué les États-Unis. Sans les attentats, il n'aurait jamais rejoint le Corps des Marines des États-Unis. Sans les Marines, Jay ne serait pas l'homme qu'il est aujourd'hui.

Oui, l'USMC l'a forgé. Comme beaucoup d'autres hommes. Comme son père avant lui. Il y a appris de nombreuses choses, tant sur la vie en général que sur lui-même. Certaines, il les savait déjà. Sa droiture, sa loyauté, ça, ça a toujours fait parti de lui. À mettre sur le compte de l'éducation qu'il a reçu. Physiquement, ses années d'entraînements et de services ont aiguisé ses sens. Il s'est révélé être un fin observateur, attentif, conscient du moindre détail de son environnement. C'est aussi sur le terrain qu'il a appris à faire la part des choses, à garder son calme dans toutes les situations. L'analyse, le sang froid, c'est bien souvent ce qui fait la différence entre un Marine vivant et un Marine mort. Ce qu'il a vu, ce qu'il a vécu pendant ses différents tours en zones de conflits, ça l'a blindé. Son unité, c'était une seconde famille. Il a perdu des frères et des sœurs. Il a tué des gens. Jaden a très vite compris qu'il s'il ne voulait pas rentrer au pays avec un PTSD, il devrait se construire une carapace. C'est ce qu'il a fait. Il s'est créé une véritable barrière entre le terrain et sa vie de tout les jours.

C'est sans doute ce qui a fait de lui un bon agent spécial de la DEA : sa capacité à dissocier qui il est réellement de celui qu'il doit être sur le terrain. Il s'est d'ailleurs trouvé un certain talent pour le mensonge et la duperie. En même temps, s'il avait été incapable de mentir, il n'aurait jamais été capable de devenir un agent infiltré. Bien que Jaden soit un homme avec un certain sens moral, il n'a que rarement hésité à le mettre de côté pour le bien de ses missions. Une question de survie. Oui, il a dû faire des trucs pas toujours très net au cours de ses années d'infiltration, mais il n'en fait pas grand cas. La carapace tout ça, tout ça...

Peu importe sous quel angle on prend cet homme, il y a toujours une seule même constante : Maxine. C'est la femme de sa vie et il aime d'un amour profond. L'ancien Marine a toujours cherché à faire son bonheur, à la rendre heureuse, même s'il n'a pas toujours fait les choses qu'il fallait. Certains y verront peut-être une faiblesse. C'est tout le contraire à vrai dire. Maxine est sa force. Et si quelque chose devait lui arriver, mieux vaut ne pas se mettre en travers de la route du blond. Pour elle, Jaden est prêt à tout.


and blood on my hands

5 Mars 2009 – Maxine Lawson, Stella Davis

Mais non je ne te cache pas des choses ! Mais… Je sais que ce n’est pas parce que tu es partie en Australie que je ne dois plus t’appeler.
...
Sam. Je savais que c’était lui ! Bon. T’es prête ? Arrête de râler, j’vais te raconter.
...
Il est toujours aussi beau, oui. Même encore plus. MAIS QUOOOI ? Oui ! Deux secondes. J’y arrive, j’y arrive. Ferme les yeux et imagine. Environ 1m85, une carrure à vouloir te planquer dans ses bras tu vois l’genre ? Il a toujours les mêmes yeux bleus qui te donnent l’impression d’arriver toute nue. Oui je sais, j’avais déjà dit ça au lycée. Et bah ça n’a pas changé figure toi. Et son sourire, je ne t’en parle même pas.
...
Tu veux vraiment tous les détails ? Non, cheveux courts mais avec une barbe de trois jours. J’ai bon espoir qu’il ne se rase plus. Tu m’connais, c’est sans doute le fait qu’il ait débarqué devant moi avec de la barbe qui m’a fait chaviré. Oui, mais lui, il ne le sait pas. Je suis même sûre que les cheveux long, ça lui irait parfaitement. Bref, tu m’laisses continuer ?

Bon, tu veux des détails tu vas être servie. Il a des tatouages. Hm hm. Trois. Un sur l’épaule gauche, l’emblème de son unité, un autre sur l’avant bras, c’est une pierre tombale, c’est le premier que j’ai vu quand on s’est rencontré dans le bar. Puis le dernier, c’est juste en dessous de la cicatrice qu’il a sur la clavicule droite. Deux mots, en latin. Semper Fidelis.
...
Non ce n’est pas tout. Je ne saurai même pas comment te dire mais, il a des cicatrices, des petites, un peu partout sur le flan, à gauche il me semble. Un tir de chevrotine, à distance.
...
Il est parti en Afghanistan Stella alors, forcément… Oui je t’ai donné tous les détails.
...
Comment j’ai vu tout ça ? J’dois réellement te faire un dessin Stella ?
...
Calme-toi. C’est pas encore super sérieux mais il a... Ce truc, tu sais. Cette carrure, je me sens toute petite quand je suis avec lui. Je sais que j’ai l’air d’être une adolescente mais je te jure, il y a trop de virilité chez cet homme, ça devrait pas être autorisé. Il a tellement d’assurance.
...
Je suis peut-être une adolescente mais tu ignores complètement de quoi je parle.

T’as pas vu ses fesses toi.

a storm is coming


18 Novembre 2006 – Bureau de la DEA, division de Los Angeles – Évaluation psychologique : Caporal de l'USMC Jaden Preston

Vous allez tout enregistrer ?
...
Surpris ? Non, pas trop. Bon... Je suppose que je commence depuis le début, mmh ?
...
Je m'appelle Jaden Preston, mais ça vous le savez déjà. Je suis né le 7 Juin 1982 à Seattle, ça aussi vous le savez déjà. Mes parents étaient les heureux propriétaires d'un bel appart' dans le quartier de Queen Anne. C'est là-bas que j'ai grandi. On avait une vue sur le Lake Union. Depuis le toit. Mon père, John, aimait bien m'y emmener quand j'étais petit. Il n'était pas toujours à la maison. Il était flic et avec ses horaires, parfois je ne le voyais presque pas. Il faisait quand même de son mieux pour passer du temps avec nous dès qu'il le pouvait. Ma mère et moi. Elle, Anna, elle avait des horaires de bureaux donc elle était plus souvent à la maison. Elle était ingénieure chez Boeing. Je crois qu'au fond, ça a toujours embêté mon père qu'elle ramène plus d'argent que lui à la maison. Il était de la vieille école... Et je crois bien qu'il a déteint sur moi à ce niveau. Ils se sont rencontrés en 78. Il l'avait fait se ranger pour un excès de vitesse. Il lui a demandé son numéro, elle a accepté, et ils ont fini par se marier. Il lui a quand même mis l'amende par contre. Enfin... J'ai franchement pas à me plaindre de mon enfance. Nous n'étions pas riche comme Crésus mais on n'a jamais manqué de quoi que ce soit, on habitait dans un quartier chouette, mes parents s'entendaient bien, j'avais des amis. Je vois vraiment pas ce que j'aurai pu demander de plus.
...
À l'école ? Bah écoutez, ça se passait plutôt bien. J'avais de bons résultats. Sans être le meilleur, je m'en sortais plutôt bien. Ça s'est dégradé un peu dès que je suis arrivé dans le secondaire. En fait, ça s'est tellement dégradé que j'ai fini par redoubler une classe. Ça m'a pas empêché de décrocher mon GED. Je pense que comme beaucoup, j'ai succombé aux joies de l'adolescence. Vous savez, quand on arrive au lycée, qu'on commence à avoir l'âge de sortir, de conduire une voiture, la quête de la popularité, ce genre de choses.
...
Non, pas vraiment. Enfin si, dans une certaine mesure. Je faisais pas partie de l'élite mais j'avais quand même la côte auprès des filles. Ça suffisait à faire de moi un type cool.
...
Bien sûr que j'en ai profité. J'avais 17 ans, le permis, une voiture d'occasion mais une voiture quand même. Vous ne l'auriez pas fait à ma place ?
... ... ...
À cause du 11 septembre.
...
J'avais la haine comme beaucoup. J'avais prévu de m'inscrire dans une des universités de Seattle et de faire un cursus en langue mais quand ça s'est passé... J'ai regardé l'effondrement du World Trade, pendu devant l'écran du salon, complètement abasourdi par ce qu'il se passait. Je crois que ce jour-là, j'ai pas bien réalisé. C'était complètement surréaliste. Ça m'est venu quelques jours après. Quand le président a annoncé qu'on entrait en guerre, j'ai décidé de tout lâcher et j'ai été au bureau de recrutement des Marines le plus proche. Il y avait la queue devant. Je l'ai faite et je me suis enrôlé. J'ai rejoint le Marine Corps Recruit Depot San Diego quelques temps après et j'ai fait mes classes. J'étais particulièrement bon au tir, mais avec un père flic vous vous doutez bien qu'il m'a envoyé au stand pour m'entraîner dès que j'en ai eu l'âge. J'ai suivi le Marine Corps Martial Art Program ce qui m'a initié au CQC. Mes quatres ans dans le corps des Marines m'ont permis de sortir avec une ceinture noire mais j'ai jamais passé les tests pour devenir instructeur qualifié. Le reste, vous avez lu mon profil, vous savez de quoi je vais vous parlez. J'ai fini mon entraînement au camp de San Diego en mars 2002 et j'ai intégré le 1st Battalion 3rd Marines stationné à Hawaii. Je suis parti faire mon premier tour en Afghanistan quelques semaines plus tard. C'est une blessure par balle qui y a mis fin, après six mois sur le terrain.
...
Non. Je n'étais pas mort. Ce n'était qu'une blessure. Ça allait guérir et devenir un vilain souvenir, mais je n'allais pas abandonner mes camarades pour autant. Du coup j'ai reçu la Purple Heart et après l'Afghanistan, ça a été l'Irak. J'y ai fais deux tours.
...
Oui, plusieurs fois.
...
Oui.
...
Très honnêtement ? Pas grand chose. Quand vous vous retrouvez sous le feu de l'ennemi et que c'est eux ou vous...  Vous n'avez pas vraiment le choix. J'ai très vite compris qu'il fallait que je me cloisonne pour ne pas me laisser atteindre par ce genre de choses. J'ai fait ce que j'avais à faire au moment où il fallait que je le fasse. Je ne me sens pas particulièrement coupable pour autant.
...
Oui, mon père est mort dans l'exercice de ses fonctions à mon second retour d'Irak.
...
Bien sûr, c'était mon père.
...
C'est ça, son enquête portait sur un revendeur de narcotique.
...
Oui c'est un peu pour ça que je veux intégrer la DEA. C'est un peu une manière pour moi d'honorer sa mémoire. Et c'est un combat qui vaut la peine d'être mené.
...
Et bien écoutez...

-----

17 Février 2009 – Bureau de la DEA, division de Seattle – Jaden Preston, Tim Robins.

...
Tsss... Pas du tout. Et si c'était à refaire, je vous abandonnerai encore.
...
Non, non, c'était une fille du lycée. Je l'avais pas revu depuis... Depuis bien huit ans en fait !
...
Elle oui. Je l'aurai reconnu entre toutes.
...
Maxine.
...
Même pas, c'est ça le pire ! Tu sais comme on peut être con à cet âge là. Elle, c'était la fille studieuse. Moi non. La seule occasion que j'ai eu de tenter quelque chose, c'est quand on a dû bosser ensemble sur un projet et j'l'ai envoyé bouler.
...
Oh mais ferme ta gueule, je sais que ça craint, ok ? En même temps, il était hors de question qu'elle sache que ça faisait juste deux ans que je bavais sur elle.
...
Bah ouais. Tu sais ce que c'est. On avait pas les mêmes fréquentations, ni les mêmes centres d'intérêts...
... ... ... ... ... ...
Ses yeux. Ne commence même pas ! Ses yeux et je suis sérieux. Elle a un truc dans le regard qui me fait chavirer à chaque fois.
... ...
Oui j'ai son numéro cette fois, et non je compte pas tout foutre en l'air comme la dernière fois. On doit se revoir dans quelques jours.
...
J'viens de te dire que c'est la nana pour laquelle j'avais complètement craqué au lycée, avec laquelle je n'avais rien en commun et que j'ai pas revu depuis huit ans, et toi tu me demandes si je flippe. Sérieusement mec ?
...
Franchement j'en sais rien. Je préfère pas trop y penser on verra sur le moment.
... ... ...

-----

11 Juillet 2011 – St Clement of Rome Episcopal Church – Maxine Lawson, Jaden Preston.

...
Oui, je le veux.

-----

29 Janvier 2014 – Cabinet Partridge – Suivi Psychologique  : Jaden Preston – Jaden Preston, Docteur Philip Partridge

...Il va falloir que j'arrête. Que je sorte de là. J'en peux plus.
...
Non, non, non, ce n'est pas la mission. Mise à part la descente du mois dernier qui a failli foutre en l'air ma couverture, tout se passe bien. Je gère. Non, c'est... Le reste. C'est ma vie à côté. Ma vraie vie, pas celle de Wyatt... C'est Maxine. Ça se passe vraiment mal en moment.
...
À tous les niveaux. Quand on se voit, et vous imaginez bien à quel point ça peut être rare, j'ai l'impression que rien ne va. La dernière fois qu'on s'est vu, c'est assez récent, c'était y a deux semaines. Elle ne m'a pas approché une seule fois. C'est comme si je n'avais pas été là. J'ai essayé pourtant, mais dès que je rentrais dans une pièce, elle en sortait, et... Je ne sais vraiment plus quoi faire. J'essaie de faire mon maximum à distance, j'lui fait envoyer des fleurs, des petits cadeaux pour lui montrer que quoi qu'il arrive, je pense à elle et je l'aime mais... Ça suffit pas à combler l'absence. Ça ne me remplace pas moi. Elle a encore dû passer un Noël seule... Si il n'y avait que Noël. Thanksgiving aussi. Je suis son mari, et je n'étais pas là pour Thanksgiving. C'est son anniversaire bientôt... Et je sais qu'encore une fois, elle soufflera sa bougie sans moi à ses côtés et recevra son cadeau des mains du facteur.
...
Non, jamais. J'ai jamais été confronté à cette situation. Lors de ma première mission d'infiltration à L.A., j'étais célibataire, je n'avais aucune attache, personne ne m'attendait à la maison. C'était plus simple. Mais cette fois... Je l'ai entendu pleurer vous savez ? Une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce qu'elle tombe de fatigue. Partir à la guerre, devoir faire six mois de prison pour rentrer en contact avec la cible, rester un an dans leur entourage avant d'intégrer leur club, apprendre de la bouche de mon agent de liaison que je devrais rester encore un certain temps, tout ça, ça va, je peux encaisser... La voir une fois tous les trente-six du mois, ça aussi, je peux encaisser... Mais pas comme ça. Pas dans cet état là. Ça, là... Ça, je supporte pas. Ça me rend dingue de la voir dans cet état et de me dire que c'est ma faute.
...
Honnêtement ? Oui. Parfois je me dis que j'aurai mieux fait de ne pas l'épouser. De ne pas la rappeler après ce jour où on s'est recroisé. Je veux dire... On a passé deux belles années ensemble. Vraiment, jusqu'à ce que cette mission commence, c'était génial. On en a longuement parlé. De la mission, de ce que ça impliquerait, etc. C'est pour ça qu'on s'est mariés un peu avant. Pour marquer le coup, se dire que quoi qu'il arrive, on serait ensemble. On pensait pouvoir tenir mais... Parfois, je me dis qu'on se trompait... Et je regrette, oui. Je regrette de ne pas pouvoir être présent, de ne pas pouvoir lui offrir la vie qu'elle mérite. Tout ce que j'ai à lui offrir au final, c'est une maison vide et un lit froid.
...
Je sais pas. Je suis... Un peu perdu, je pense. Je sais que ce que je fais est important. Le fait est que j'ai beau le vouloir, je ne peux pas arrêter. Pas maintenant. J'ai sacrifié beaucoup trop de choses pour cette enquête. Je veux dire, si j'arrête maintenant, à quoi ça aura servi tout ça ? À foutre en l'air mon couple ? À saboter une enquête ? Non... Non, ça serait juste du gâchis. C'est ça le pire en fait. Je sais que je fonce dans le mur mais j'ai pas d'autres choix que de continuer.
...
Je pense surtout que...


on the highway to hell


14 octobre 2015 – Mayhem Heralds Motorcycle Club – Wyatt Bradden, Fred Hopper.

...
J'arrive, y s'passe quoi ?
... ... ... ...
Putain de merde...
... ... ...
Non mais les gens j'te jure... Ce monde devient timbré...

-----

17 octobre 2015 – Mayhem Heralds Motorcycle Club – Wyatt Bradden, Agent de liaison Julia Quinn.

...
Oui chérie, attend une seconde. C'est ma régulière les gars, j'reviens. ... ... C'est bon. Je peux parler. Jules, bon sang, qu'est-ce qui est en train de se passer là ?
... ... ... ... ... ...
Tu te fous de moi... On arrête là comme ça ?
... ...
Oui merci Julia, je me doute bien que tu es sérieuse... C'est pas croyable... Bon ok... Je fais quoi moi maintenant ?
...
Je vais essayer.
... ...
J'ai dit que j'allais essayer, ok ? Je fais au mieux je te rappelle !
... ... ...
Ça va ! Je sais ! Excuse-moi, Jules. Ok, je rentre et c'est quoi la suite ?
... ... ... ...
Et Maxine ? Tu as sérieusement intérêt à me dire que quelqu'un du bureau à mis Maxine au courant parce que j'te jure que sinon certains vont le sentir passer...
... ...
QUOI ? ET C'EST MAINTENANT QUE TU ME PRÉVIENS ?

-----

19 octobre 2015 16:40 – 300 5th Avenue, Seattle, devant les bureaux de la DEA – Jaden Preston.

Allez chérie réponds, je t'en prie, je t'en prie, je t'en prie, je t'en prie. Réponds réponds réponds réponds réponds. ... MERDE !

-----

19 octobre 2015 16:42 – 300 5th Avenue, Seattle, devant les bureaux de la DEA – Maxine Preston, Jaden Preston.

...
Max ! Tu es où maintenant ?
...
Ok. Ok ok ok bon...
... ... ...
Max. Max ! MAX ! C'est plus grave qu'ils ne veulent le faire croire, ok ? Je t'expliquerai en rentrant. Je sais pas combien de temps les lignes vont encore tenir alors j'ai besoin que tu m'écoutes. Prends la voiture et rentres à la maison. Tout de suite. Ne t'arrête pas pour rien au monde. Barricade-toi et reste à l'intérieur. N'ouvre à personne sauf moi. À personne, promet-le.
...
Ah et la baignoire, les lavabos, remplis tout d'eau, ne cherche pas à comprendre, juste... Fais-le d'accord ? Ça sera peut-être la seule source d'eau qu'on aura pendant un temps. Et charge le fusil de chasse de ton père ! Garde-le avec toi tout le temps. J'arrive. J'arrive, je te promets que j'arrive. I love you babe. Go now. Go.

time to meet the devil

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• et tu le trouves comment ? › Vous pouvez répétez la question ?
• présence › Non, Preston.

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Jeu 29 Oct - 16:41


Jaden Preston
33 ans • Américaine (Washington) • Agent spécial de la DEA • Mariée
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dark heart is beating


À venir

only god forgives

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Jeu 29 Oct - 16:44


Emerald Freedom

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• Maxine Preston. Épouse
La femme de sa vie. Ils étaient dans le même lycée, se connaissaient mais ne se fréquentaient pas bien que Jaden en pinçait déjà pour elle. Ils se sont retrouvés des années plus tard, en 2009, par hasard au cours d'une soirée dans un bar. Il a tout de suite été l'aborder et les choses en entraînant une autre, ils sont sortis ensemble puis se sont mariés deux ans plus tard. Ça n'a pas été toujours tout rose entre les deux, le travail de Jay ne leur facilitant pas la tâche. Peu importe les disputes, les cris, les larmes, il l'aime encore et toujours d'un amour profond. Elle est tout, absolument tout pour lui.

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• Anna Preston. Mère
C'est sa mère, y a-t-il vraiment quelque chose d'autre à rajouter ? Jaden a toujours eu une certaine retenue avec elle. Une question de respect, et celui qu'il a envers sa mère est immense. En raison de cette retenue, ils ne paraissent pas toujours très proches mais ce n'est pas le cas. Sa mère, il la connaît par cœur. Anna, elle connaît son fils comme si elle l'avait fait (ce qui tombe plutôt bien direz-vous). C'est elle qui l'a porté, elle qui l'a élevé, elle qui l'a supporté, elle qui a accepté sa femme comme sa propre fille. Pour tout ça, pour tout ce qu'elle a fait pour lui année après année, il l'aime autant qu'un fils peut aimer sa mère.

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Jeu 5 Nov - 6:53


Jay's tattoo

Left arm


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Situé sur son bras gauche près de l'épaule, Jaden a fait réalisé ce tatouage en 2005 après son premier retour d'Irak. Premier hommage d'un fils à son père, le Marine qu'il était devenu saluait là le Marine qu'était son père. Le tatouage représente l'unité dans laquelle John, son paternel, a servi pendant la guerre du Vietnam : le premier bataillon du neuvième Marine. Si elle est l'unité ayant été mobilisée le plus longuement pendant cette guerre, le 1/9 Marines est également connu pour être celle ayant subi le plus de pertes, ce qui lui a valu son surnom de "The Walking Dead". Son père est l'un des rares à être revenu en vie. Peut-être était-il protégé ? Allez savoir. Dans tout les cas, ce tatouage est sans doute celui que l'agent spécial arbore le plus fièrement.

Right arm


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À l'exact opposé de ce premier tatouage se trouve un autre indice de son passif de militaire. Preston s'est fait tatoué celui-ci peu après son arrivée à Hawaï en 2002 lorsqu'il a pris son service auprès du Troisième Régiment des Marines. Souhaitant montrer son appartenance et sa dévotion à son régiment, Jaden s'est fait tatouer l'emblème de ce dernier avec quelques camarades de chambrées. La locution latine "Fortes Fortuna Juvat" qui sert de devise au 3rd Marine peut être traduite par "La chance sourit aux audacieux".

Right forearm


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Seconde encre dédiée à la mémoire de son père, Jaden a fait réaliser celui-ci en 2007, quelques mois après la mort de son paternel dont il était très proche. À la fin de la guerre du Vietnam, comme beaucoup d'autres soldats, John s'est reconverti dans les forces de l'ordre. Bon policier, retardant toujours plus son départ à la retraite, il est finalement mort dans l'exercice de ses fonctions. Peut-être était-il destiné à mourir sur le terrain, qui sait. Quoiqu'il en soit, ce tatouage, épitaphe charnel, lui rappelle constamment le souvenir de cet homme qui aura consacré la majeure partie de sa vie à son pays et à ses citoyens.

Chest


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Troisième et dernier tatouage faisant référence à son passé au sein des Marines. Ce fut une blessure qui mit fin au premier tour de Jaden en Afghanistan en 2002. Certains auraient jeté l'éponge. Ce ne fut pas son cas. Non lui, à la place, il décida de se faire tatouer la devise de l'USMC, "Semper Fidelis", "Toujours Fidèle". Située juste entre blessure et sa clavicule gauche, l'inscription, petite, était une manière de renouveler son engagement pour le Corps des Marines, de prouver sa dévotion à son pays et de montrer qu'il était encore prêt à aller botter le cul des ennemis des États-Unis.
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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Mar 10 Nov - 20:57


Adam Shepherd
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i've got a war in my mind

Bon. Soyons clair dès le début : j'aime l'argent. J'aime sa couleur, j'aime son odeur, mais j'aime avant tout ce qu'il permet d'obtenir. Le pouvoir. Quand on a de l'argent, on peut tout avoir, tout se permettre. Oh j'en entends déjà certains. "L'argent ne fait pas le bonheur" blah blah blah... C'est bien une phrase de pauvres ça. Non, non, je n'ai rien contre les pauvres, il faut de tout pour faire un monde. Non ce qui m'agace, c'est ce genre de phrases toutes faites complètement stupides. Ce sont des inepties, rien d'autre. Je peux vous assurer que l'idée de pouvoir partir me détendre une semaine aux Maldives dans une de mes résidences secondaires quand bon me semble fait de moi un homme beaucoup plus heureux que le mec qui trime toute l'année pour se payer une semaine de vacances hors de chez lui. Oui j'ai une résidence secondaire aux Maldives. C'est pas la seule. Oui j'ai plutôt bien réussi. Vous voulez savoir pourquoi ? Je suis déterminé, implacable dans les affaires. C'est tout ce dont vous avez besoin en vérité. De la détermination. Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l'obtenir. Ça sert à rien de rester le cul vissé dans un fauteuil à espérer que les choses vous tombent toutes cuites dans la bouche. Le laisser-aller... Je n'aime pas trop ça, pour être franc. Oui je suis exigeant. Très exigeant. Mais rappelez-vous bien une chose, si je suis exigeant avec les autres, je le suis davantage avec moi-même. Ça m'a valu des déceptions. Beaucoup de déceptions. Pourtant je suis loin de demander la lune. Juste du travail et de la rigueur. Du professionnalisme. C'est important dans le monde des affaires. Oui c'est là-dedans que je travaille. Travaillais ? Avec ce qui passe je ne sais pas trop quel temps employer. Enfin bref. La finance, c'était ça mon domaine. J'adore les chiffres. Vous vous souvenez au lycée quand vous pensiez que les maths ne servaient à rien ? Vous aviez tort. Tout est une affaire de chiffres. Moi ? Je suis doué pour les comprendre, les analyser, les faire parler. J'observe, je calcule, je manipule, je vends. C'est ça mon métier.

Arrogant ? Bien sûr. Je ne vois aucune raison de m'en cacher. Si vous aviez ma réussite, vous le seriez également. Oui, oui je suis fier de ce que j'ai accompli. Et je ne parle pas seulement d'argent, même si on y revient assez rapidement. Le monde tourne autour alors on a pas vraiment le choix. Évidemment, je n'en suis pas arrivé en la jouant tout le temps à la régulière. Il m'a fallu parfois saisir des opportunités, aux risques que d'autres y laissent des plumes. Il m'est arrivé de devoir fréquenter des gens pas pour le plaisir de leur compagnie mais pour ce qu'ils pouvaient m'apporter. Ne faîtes pas les offusqués, on est tous pareil, inutile de se voiler la face. Je ne suis pourtant pas si détestable que ça vous savez. Je sais même me montrer charmant quand il le faut. Vous n'imaginez pas le nombre de portes que peuvent vous ouvrir un large sourire et une franche poignée de mains. L'argent n'étant pas vraiment un problème vous l'aurez compris, j'ai eu le temps de m'intéresser à pas mal de choses. Musique, littérature, histoire, ballet, opéra, cinéma, sport. Peinture. J'ai eu de quoi étoffer mes connaissances sur tout ce qui est nécessaire pour briller en société.


and blood on my hands

Mon visage ne vous dit rien ? Ça n'a rien d'étonnant. Inutile de fouiller dans votre mémoire je vous dis, nous nous sommes peut-être croisés dans la rue mais vous ne m'avez jamais "vu" au sens où vous l'entendez. Non vraiment, moi je fais partie des riches de l'ombre. Ceux qui ont un salaire annuel trois fois plus élevé que celui de vos stars préférées. Ceux dont on n'entend jamais parler. Sauf si on fout en l'air la moitié de l'économie mondiale, alors là oui, dans ce cas-là, vous entendrez parler de nous. À la limite, vous auriez pu voir ma photo, mon nom ou celui de ma compagnie dans la presse spécialisée mais soyons honnête trente secondes, ce n'est pas pour vous n'est-ce pas ? Non, n'y voyez aucune insulte, il n'y en a pas. Vous avez le droit de n'avoir jamais feuilleté ce genre de magazines. Peu de personnes s'amusent à parcourir les pages de Forbes ou de The Economist par pur plaisir. Et non, lire un article ou deux sur internet parce qu'un de vos amis Facebook l'a publié sur son mur en commentant que c'était une super analyse pour se donner du crédit ne fait pas de vous un lecteur de Forbes, désolé. Enfin passons.

Quand j'étais enfant, mon père me rabâchait sans cesse qu'un homme se devait toujours d'être présentable. Il m'a appris à me tenir droit, à bomber le torse, à parler clairement. Il m'a appris à avoir de la prestance. Et en bon fils, j'ai toujours cherché à appliquer ses conseils. Si vous trouvez que j'en impose, et ça je vous en laisse seuls juges, c'est avant tout grâce à ses enseignements. Après tout, physiquement, je suis dans la moyenne. Un mètre quatre-vingt-trois, quelques quatre-vingt kilos. Rien d'extraordinaire. De muscle et d'os, les kilos, je préfère préciser. Si je passe une heure par jour à faire du sport, c'est pour m'entretenir, pas pour perdre un ventre bedonnant dû à un trop plein de bières consommées devant la Major League. Oui je préfère le baseball au football. J'en ai pratiqué d'ailleurs, tout comme une ribambelle d'autre sport. J'ai même fait quelques sports de combat histoire de me défouler un peu. Pas de soccer par contre, je déteste ça.

La prestance... C'est quand même plus facile quand on a un trois pièces réalisé main et sur mesure par un tailleur milanais, je vous l'accorde. Ce qui tombe plutôt bien puisque c'est mon cas. Le sur-mesure, il n'y a que ça de vrai. Les seules fois où un homme devrait porter un costume d'un grand magasin, c'est lorsqu'il porte le sac poubelle dans lequel il l'a fourré avec le reste de ses ordures. Des costumes, j'en ai des dizaines. Certains détestent porter ça, moi j'adore. De manière générale, j'adore tout ce qui est italien. On a beau dire ce qu'on veut sur le luxe à la française, les meilleurs tailleurs sont italiens. Même mon dernier coup de cœur en matière d'horlogerie est italien. Une Panerai. La Radiomir 1940 3 Days Ceramica, pour être plus précis. La beauté du design à l'italienne mélangé à la qualité de l'horlogerie suisse. Sobre, élégante, cette montre est une pure merveille, j'adore. Bon, après je suis comme le commun des mortels hin, il m'arrive de porter des vêtements beaucoup plus décontractés. Je réserve ça à la maison ou à l'hôtel, lorsque je sais que je vais être seul. Le fait est que ce n'est pas ce qui fait la majeure partie de ma garde robe. Ce qui n'est pas vraiment pratique les temps qui courent. Et non, malheureusement ma montre ne tire même pas de rayons lasers...


a storm is coming

Oh je sais très bien ce que vous pensez. "Il se vante, il se vante. C'est facile de dire tout ça et de la ramener quand on est né avec une cuillère en or dans la bouche !". Et vous avez entièrement raison. À 100%. C'est beaucoup simple de s'en sortir dans la vie quand on s'appelle Kohlberg, Bettancourt ou Walton. Et comme vous le constaterez... Ce n'est pas mon cas. Mmmh ? Ah oui, je ne vous ai pas dit mon nom c'est vrai. Je m'appelle Adam Shepherd. Je suis né le 18 mai 1977, dans une famille de la petite bourgeoisie new-yorkaise. Mon père était expert dans un cabinet comptable. C'est sans doute de lui que me vient cette passion pour les chiffres. Ce n'était pas un monsieur très drôle. Il était rigoureux, rigide peut-être, autant dans sa carrière que dans sa famille mais c'était un homme bon. C'était ma mère, Mary, l'âme de la maison. Elle était décoratrice d'intérieur. C'était une femme de goût, raffinée. Ils se sont rencontrés alors qu'elle avait été engagée pour décorer les nouveaux bureaux de la compagnie dans laquelle mon père travaillait. Le lendemain de ma naissance, mon père, Gordon, a ouvert un compte épargne à mon nom, auquel je n'ai pu avoir accès qu'à ma majorité. Ils y plaçaient deux cent cinquante dollars par mois. Pour les plus fainéants, ça fait cinquante-quatre mille dollars. J'ai eu une enfance heureuse. Vraiment. J'ai eu tout ce dont j'avais besoin pour éveiller mon esprit. Mon père m'a appris à lire et à compter très tôt. Il refusait que son fils soit un benêt. Du coup, j'avais toujours le nez dans un bouquin. Ma mère, elle, se chargeait du côté affectif. Je n'avais pas beaucoup d'amis mais ça m'allait très bien. Je n'étais pas très sociable à cet âge là à vrai dire. C'est venu plus tard.

Mes parents m'avaient répété que l'école, c'était du sérieux, comme tout les parents je suppose. Et moi je faisais parti des gosses qui écoutaient leur parents. Je ne restais pas tout seul dans mon coin pendant la récré, mais mon cas n'était pas très loin de celui du binoclard assis au premier rang qui a réponse à tout, la paire de lunettes en moins. Du coup oui, j'étais un élève très studieux. Je l'ai toujours été. Que ce soit en maternelle ou en secondaire, je ne m'autorisais du bon temps qu'une fois  mes devoirs faits et mes leçons apprises. Bon au début, je reconnais que mon père y veillait avec une certaine attention mais à force j'ai pris le pli et je me suis mis à le faire seul. L'excellence était l'unique critère acceptable. Et j'excellais.

À la fin du secondaire, concrètement, j'avais un peu le choix de l'université où faire mes études. Je suis sûr que vous vous attendez à ce que je dise que je suis allé à Harvard, pas vrai ? Et bien non. J'ai choisi l'université de Stanford, en Californie. Pour plusieurs raisons. Déjà, parce que c'était à l'autre bout du pays. Ça me permettait de m'éloigner de mes parents, de voler de mes propres ailes. Ensuite, justement parce que Stanford n'est pas Harvard. Harvard, c'est le nec plus ultra de l'éducation. Membre de l'Ivy League, son prestige et sa renommée ont un rayonnement mondial, bien sûr. Mais ! Stanford est meilleure. … Enfin, vous devez avoir votre propre opinion sur le sujet et si elle diffère, je suis sûr que vous pourrez pardonner le soutien d'un alumnus, promo 1995, à sa vieille université. Mes résultats m'ont permis de décrocher une bourse d'études basée sur le mérite et j'ai commencé mes études en mathématiques appliquées. Mathématiques financières plus particulièrement. Dans ma chambre d'étudiant, j'ai presque pas eu de vie pendant trois ans. Je me suis tenu très loin de toute fraternité, n'appréciant pas leurs méthodes et souhaitant rester indépendant. Du coup, je passais le plus clair de mon temps à réviser quand certains allaient boire des bières le soir et aller s'éclater une semaine à Cancun pour le Spring Break. Un sacrifice que j'ai fait volontiers et qui a payé puisque j'ai eu mon Bachelor trois ans plus tard en sortant second de ma promo. Ensuite j'ai enchaîné en faisant un master , toujours à Stanford. C'était reparti pour deux ans. Deux ans à se lever à 5 heures tout les matins, à aller en cours, rentrer, travailler jusqu'à 23 heures. J'ai décroché mon master sans problèmes et étais même major de promo cette fois-ci. Il était hors de question pour moi de ne pas finir premier une seconde fois. Nous étions donc en 2000 et je retournais à New-York, diplômé et avec les honneurs, prêt à rentrer dans la vie active.

Ah oui c'est vrai, je vous ai pas raconté ça. Grâce à mes résultats, j'ai été débauché par un chasseur de têtes au cours de ma seconde année de master. Plusieurs à vrai dire. Celui qui m'a convaincu de travailler pour son entreprise bossait pour Kohlberg Kravis Roberts, une firme multinationale de capital-investissement dont vous n'avez certainement jamais entendu parler. J'ai travaillé pour eux pendant quatre ans. Je faisais principalement des analyses financières pour déterminer les investissements juteux qui généreraient le plus de RSI. Je pourrais rentrer dans les détails, vous parler d'analyses asymptomatiques, de théories ergodiques, de volatilité stochastique ou encore du théorème de Girsanov mais vous n'y comprendrez rien et vous me regarderez avec des gros yeux ronds, alors à quoi bon ? En 2003, j'ai demandé une mutation pour la division de Menlo Park, à deux pas de l'Université de Stanford qui a été accepté. Le but ? Je voulais retourner à la fac pour passer un MBA. Ce que j'ai fait. Pendant trois ans, j'ai passé mon temps entre les bureaux la journée et les cours les soirs et week-ends. Je pensais sérieusement avoir eu un rythme pendant mon master mais comparé au MBA c'était rien. C'est au cours de la première année de MBA que j'ai rencontré ma future femme.

Maintenant que je vous dit ça, je me rend compte qu'on a pas encore parlé de femmes vous et moi. Pendant mon adolescence, je n'avais pas vraiment de succès. Enfin si j'en avais, mais auprès des intellectuelles pas des reines du bal de promo. Ça a commencé à changer à l'université. J'ai eu quelques copines là-bas et puis à mon retour à New-York aussi. Et puis il y a eu Amanda. On s'est rencontré sur le campus mais elle faisait des études littéraires. C'était l'amie d'une amie. Vous voyez le genre. On s'est marié en mars 2005. Au début, elle ne m'intéressait pas vraiment. Et puis à force de la fréquenter, ça a changé. En fait ça a surtout changé le jour où j'ai appris son nom de famille. Un grand nom dans le domaine des affaires. Elle était le genre de filles à avoir des connexions. Son père à vrai. Et les connexions, c'était typiquement ce qui me manquait. J'ai fini par les avoir au final. Ce que je m'apprête à dire, j'y ai réfléchi de nombreuses fois. L'ai-je aimé ? L'ai-je un jour véritablement aimé ? Je crois bien que la réponse est non. Je me suis attaché à elle bien sûr, forcément en ayant vécu presque douze ans avec une personne, on finit par s'attacher, mais aimer, je ne pense pas. Et je ne serais jamais en mesure de dire si elle le savait ou non. Je pense qu'elle a dû le sentir mais je ne pourrais pas le confirmer. Et je ne sais pas si elle m'aimait aussi. Je pense surtout qu'elle aimait l'idée qu'elle se faisait de moi, de notre relation et le sentiment de sécurité que la bague qu'elle avait au doigt lui procurait. Je vous l'ai dit, c'était une littéraire, elle était rêveuse. Vous devez me trouver horrible à dire tout cela et pourtant, j'ai toujours fait mon maximum pour la rendre heureuse. Je me sentais... Redevable quelque part. Envers son père principalement. À la fin de mon MBA, j'avais l'intention de continuer à travailler pour KKR & Co., mais il m'a fait rencontrer quelques hauts placés du Blackstone Group. Ils m'ont proposé un meilleur travail, un meilleur salaire. J'ai accepté. Forcément.

J'étais affecté au département des services financiers, responsable de la section "gestion alternative". Un véritable bond dans ma carrière. C'était une chance inouïe. En réalité, ça l'était beaucoup moins. Je suis sûr que vous savez de quoi je parle. Mais si, des centaines de milliards de dollars de pertes, des licenciements à tour de bras, des traders qui se jettent par les fenêtres, Occupy Wall Street. La crise des subprimes. Vous voulez que je vous explique ce qu'il s'est passé ? Quelqu'un, quelque part a merdé grave. Ça a commencé en 2001, lorsque les subprimes, des prêts hypothécaires accordés aux emprunteurs à risque, ont commencé à se généraliser. Et puis les rehausseurs de crédit ont mis leur grain de sel. Par un habile tour de passe-passe, ils ont réussi à faire croire que des produits financiers à risque ne l'étaient pas du tout et étaient au contraire parfaitement rentable. Je ne saurai pas vous dire qui est le petit génie qui est arrivé en premier avec cette idée mais tous ce sont mis à le faire. Pourtant, forte rentabilité et risque minime n'ont jamais fait bon ménage en finance. C'est une leçon de première année quoi. Bien sûr, tant que les taux d'intérêts et le marché de l'immobilier se maintenaient, tout allait pour le mieux, le système n'était pas en danger. Les gens auraient dû se douter que ça merderait quelque part. C'était trop beau pour être vrai. Mais non. On a foncé droit dans le mur. Enfin je dis "on" mais bon, moi, je faisais partie de ceux qui ont vu la chose arriver. J'étais pas le seul. Gramlich, l'un des plus grands économistes de notre temps, tirait déjà la sonnette d'alarme. Le monde de la finance n'a pas écouté et il est arrivé ce qui est arrivé. Lorsque le marché de l'immobilier s'est effondré, on y a tous laissé des plumes, certains plus que d'autres. Moi, ma clairvoyance m'a permis d'éviter, et de faire éviter à mes clients et à leurs investissements, le pire. Mieux même, c'est à cette période que j'ai gagné une bonne partie de ma fortune actuelle. En tout cas, je reconnais volontiers qu'elle m'a été d'une aide précieuse quand il a fallu se sortir de ce bourbier monumental.

Elle, c'est Michaela Lewis, la magnifique brune assise là-bas, regardez. Je me souviens encore du premier jour où elle a passé la porte de mon bureau. La première chose à laquelle j'ai pensé c'était "Super, encore une bimbo incompétente qu'on met là pour faire plaisir à monsieur un tel et qui n'hésitera pas à écarter les cuisses pour de l'avancement. Il va encore falloir que je trouve une excuse pour la réaffecter ailleurs". Autant vous dire que je me suis trompé sur toute la ligne. Dès ce premier instant, j'ai voulu la mettre au test, et franchement, elle m'a fait forte impression. Non seulement c'est une travailleuse acharnée mais en plus nous partageons la même vision du monde. Une véritable petite perle. Du coup, en 2010, lorsque j'ai voulu ouvrir ma propre boîte, il était hors de question que je la laisse derrière moi. Elle a accepté, fort heureusement. En y réfléchissant bien, je ne sais pas ce que ça aurait donné sans elle. Michaela n'a pas été la seule à me suivre dans cette histoire, j'ai pu embarquer avec moi quelques uns de mes plus fidèles investisseurs.

Le premier septembre 2010 donc, la Shepherd Capital Management était lancée. Nous nous sommes spécialisés dans trois domaines d'activités principaux : le gestion alternative de portefeuilles, le capital-investissement et le consulting financier. J'avais investi une bonne partie de ma fortune personnelle, soit quelques dizaines de millions de dollars, dans la société afin qu'on ne manque jamais de moyens. Je ne voulais pas qu'on passe à côté d'un contrat juteux simplement par manque de moyens. Si l'un d'entre nous, peu importe qui, avait besoin de se déplacer pour un rendez-vous commercial, il le faisait. On a eu d'énormes frais, le début a été une période assez dure, il fallait être sur tout les fronts, tant Michaela que moi et le reste de mes employés avons dû travailler nuit et jour pour nous faire une place sur le marché, mais ça a fini par payer. C'est comme ça que nous avons été amené à Shanghaï pour y rencontrer des futurs clients désireux d'investir sur le sol américain.

Avec la création de la société, Michaela était devenue un peu plus qu'une secrétaire glorifiée. Elle était véritablement devenue mon bras droit. Elle m'accompagnait souvent dans mes déplacements et représentait mes intérêts et celui de nos clients lorsque je n'étais pas en mesure de le faire ou que j'étais appelé ailleurs. Tout les deux, nous formions une excellente équipe. C'est pour cela que nous étions ensemble à Shanghaï. Nous avions pris des chambres dans l'un des plus luxueux hôtels de la ville, le Banyan Tree Shanghaï On The Bund. Avec ce que nous gagnions par mois, on pouvait largement payer se payer une chambre à quatre cents dollars la nuit. C'est arrivé au troisième soir de notre voyage en Chine. Les négociations étaient, ma foi, assez banales. Ils voulaient investir, nous regardions où, quand, comment, quelle somme, sur quelle durée. Je baragouine le chinois, donc c'était elle qui faisait la traduction et menait la plupart des discussions. La journée avait été longue puisque nous devions régler les derniers détails avant la signature du contrat le lendemain. J'avais eu envie d'un verre avant de me coucher donc j'avais pris un des cigares que j'avais amené avec moi et j'étais descendu au bar de l'hôtel histoire de savourer un ou deux whiskys. Je pensais être seul. Et puis Michaela m'a rejoint. Ce n'était pas la première fois que nous nous retrouvions seuls autour d'un verre ou au restaurant et je serais bien incapable de vous dire ce qui avait changé mais cette fois-ci, c'était différent. Peut-être était-ce le cadre. Le Banyan Tree est considéré comme l'hôtel le plus romantique de la ville. Peut-être était-ce autre chose, je ne sais pas. Nous avons parlé pendant un temps. Non, en fait nous nous sommes séduits pendant un temps et les choses en entraînant une autre, on a fini par s'envoyer en l'air.

Oui oui, je sais, tromper sa femme c'est pas bien. Je vais pas revenir sur la relation que j'avais avec elle, je suppose que vous avez parfaitement compris que ce n'était pas la femme de ma vie ou quoi que ce soit de ce genre. C'était déjà arrivé. Et ça aussi, je ne serais pas en mesure de dire si Amanda l'ignorait complètement ou si elle savait mais ne disait rien. Donc comme je disais, c'était arrivé quelques fois auparavant mais avec Michaela, ce n'était pas vraiment pareil. Allez savoir, c'était peut-être l'alchimie, je ne sais pas. Vous allez me dire, ça nous pendait au nez à force, après tout je passais plus de temps avec elle qu'avec mon épouse. En quatre ans, depuis notre rencontre, nous avions eu de quoi nous tourner autour. Oui, je vous ai dit que j'avais particulièrement apprécié son professionnalisme mais à aucun moment j'ai dit que je ne la désirais pas. Il faudrait être aveugle ou fou pour ne pas avoir envie d'une pareille femme. Ou gay, et encore, je n'en mettrais pas ma main à couper. Donc oui. Nous avons couché ensemble ce soir. Et puis le lendemain aussi après la signature du contrat. Et après notre notre dîner au Light & Salt. Entre-temps, nous avions décidé de prolonger notre séjour de deux jours. Deux jours pendant lesquels notre activité principale se résumait à rester au lit. Bon d'accord pas que dans le lit. Il y a eu le jacuzzi aussi, le tapis, le transat sur le balcon...

Notre affaire aura duré un mois, à peu de chose près. Que ce soit à New-York après notre retour ou ailleurs, chaque excuse était bonne pour qu'on passe du bon temps ensemble. Au bureau, chez elle, dans la voiture. On s'est même éclipsé au cours d'un gala de charité pour aller faire ça dans les toilettes, gala auquel participait également ma femme, c'est vous dire. Le sexe avec elle n'avait rien de comparable avec les autres. Nous avons tout les deux un caractère dominants alors forcément ça faisait des étincelles. Mais pas tout le temps. Non parfois, on se torturait lascivement, en cherchant à rendre l'autre fou. Et je peux vous dire que dans ce domaine là aussi, elle excelle. Elle n'en avait pas vraiment besoin. Michaela était rapidement devenue une drogue dont je ne pouvais que difficilement me passer. À tel point que ça a fini par impacter l'entreprise. Forcément lorsqu'on laisse tomber un dossier pour tirer un coup, le business finit par en pâtir. Nous devions prendre une décision et c'est ce que nous avons fait. Les affaires avant le plaisir. Nous avons tout arrêté, du jour au lendemain, conscients qu'il suffirait d'une fois pour tomber de nouveau dans cette spirale. Ce n'était pas évident au début, il nous a fallu un peu de temps pour nous réhabituer mais on a réussi à s'en passer.

La vie a repris son cours. L'entreprise marchait bien, notre portefeuille de client s'agrandissait petit à petit, le nombre d'employés aussi. J'ai eu d'autres maîtresses, Michaela d'autres amants. Je n'étais pas spécialement jaloux. Je pense qu'elle non plus. Nous savions que ce n'était pas possible pour le bien de tous. J'ai tout de même hésité à appeler mon yacht Michaela mais par égard pour ma femme, j'ai préféré lui donner un autre nom. Vous connaissez l'expression "The one that got away" ? Pour moi, c'était elle. La femme parfaite, celle avec qui j'aurai pu finir mes jours, si le destin n'en avait pas décidé autrement. Enfin je dis le destin, mais c'était notre décision. Seulement elle aurait pu être différente si la situation l'était également. Si il n'y avait pas eu la compagnie. Si il n'y avait pas eu ma femme. Si une partie de nos actifs ne venaient pas de mon beau-père. C'est d'ailleurs pour ça que je ne pouvais pas simplement divorcer et faire ma vie ailleurs.

Tiens en parlant de mon épouse, elle est tombée enceinte en 2013. C'était une petite fille. Qui n'aura jamais vu le jour malheureusement. Amanda a fait une fausse couche. J'aurai aimé vous dire que j'étais dévasté mais ce serait un mensonge. Je n'étais même pas à son chevet quand c'est arrivé. Non, j'étais en voyage d'affaires à Seattle avec Michaela ce jour-là. Nous signions l'un de nos plus gros contrats, alors forcément. Le champagne coulait à flot lorsque j'ai reçu l'appel. Ça a un peu gâché la fête mais bon... Sa fausse couche a entraîné quelques complications, nous n'avons plus jamais été en mesure d'avoir un enfant. Pas que ça me dérangeait hin, j'ai toujours voulu attendre la quarantaine avant de devoir gérer un marmot.

L'entreprise a vraiment pris de l'ampleur au cours des deux dernières années. Nous avons même fait l'acquisition d'un petit jet pour nos déplacements. Au final avant que tout ça se déclenche, les actifs gérés par la Shepherd Lewis Capital Management s'élevait à environ quinze milliards de dollars, répartis à travers le globe. Ma fortune personnelle, elle, s'élève à 2,5 milliards. Ah oui, je ne vous ai pas dit. J'ai décidé de faire un cadeau très spécial à Michaela pour son anniversaire cette année. Je lui ai offert un statut d'associée, avec des parts dans la société à hauteur de 30%. Du coup, le nom a changé. Il était grand temps que son implication soit appréciée à sa juste valeur.

on the highway to hell

Je suis sûr que vous devinez déjà la raison de ma présence ici. Les affaires. C'est pour ça que nous sommes là, elle et moi, et pas à New-York. Nous avons atterri le treize à l'aéroport international de Seattle-Tacoma avec un agenda quelque peu chargé. Vous vous souvenez de ce client a Seattle dont je vous ai parlé ? Nous avions rendez-vous avec eux le quatorze et le quinze. Un rendez-vous de routine comme il y en avait eu d'autres par le passé, j'ai toujours pensé qu'un contact régulier était la source de relations commerciales durables. Deux jours donc, pendant lesquels nous allions dresser le bilan de leurs actifs, faire un compte-rendu de l'état des placements que nous avions effectués pour leur compte et des retour obtenus. Nous avions un autre rendez-vous de prévu, le 16 et le 17, un consulting de base avec un nouveau client, rien de bien méchant. En principe, ce genre de trucs était géré par nos employés mais vu que nous serions sur place à ce moment-là, Michaela et moi avions décidé de nous en occuper. Ils auraient eu droit aux grands patrons.

Comme vous vous en doutez, notre agenda a été légèrement perturbé. Je ne savais franchement pas quoi penser de toutes ces histoires qui apparaissaient aux quatre coins du pays. Bien sûr que je me tenais informé. Un homme dans ma position se doit de l'être, on ne peut tout simplement pas ignorer ce qu'il se passe dans le monde. Avec suffisamment de recul, les informations peuvent vous aider à définir les tendances de certains marchés. Un pays exportateur de pétrole rentre en guerre ? Le cours va augmenter, vous pouvez en être certains. Donc, oui j'avais vu les informations, j'avais lu les articles dans la presse. Mais ça ne restait que des faits divers, complètement aberrants qui plus est. J'avais pris l'avion avec le cœur léger, assuré qu'il ne s'agissait là que d'une passade.

Évidemment, à peine avions-nous posé un pied sur le tarmac que le gouvernement attestait enfin la présence d'un nouveau virus. Je n'aime pas les virus. Ni les épidémies. C'est bon pour l'industrie pharmaceutique, mais c'est, de manière générale, pas très bon pour le reste. Nous n'avons pas modifié notre planning pour autant et sommes allés, comme convenu, à notre meeting du quatorze. Nous n'aurions pas dû. Le retour a été catastrophique. J'avais l'impression d'être dans un autre monde. C'était... Les mots me manquent. Un bordel innommable. Heureusement qu'Antonio était là. C'est un peu notre homme à tout faire. Chauffeur personnel, livreur. Même garde du corps à ses heures perdues. Nous avons passé les quatre jours suivants à l'hôtel, pendu à la télévision pour suivre les événements. J'essayais de maintenir un contact permanent avec le bureau mais plus le temps défilait plus il était difficile de les joindre. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus.

Lorsque le gouvernement a annoncé la création des camps sécurisés, notre première pensée a été de nous y rendre. Rester à l'hôtel ne nous semblait pas le choix le plus judicieux. Nous n'étions pas chez nous, sans aucune réelle protection, à la merci des infectés et des émeutiers. On a donc pris notre berline de location et filé tout droit jusqu'au stade de CenturyLink, le camp le plus proche du Four Seasons. Évidemment, ça ne s'est pas bien passé. On s'est retrouvé coincé. Contre nos avis, Antonio a décidé de sortir jeter un œil. Ça ne faisait pas une minute qu'il était dehors qu'il se faisait attaquer par un infecté. Je ne l'ai même pas vu venir. Je n'ai même pas eu le temps de le prévenir. C'était une femme. Elle lui a arraché la carotide en un clin d’œil et a continué à s'acharner sur son corps. C'était une chose de voir les vidéos, d'en entendre parler. Mais en être témoin, voir la scène se dérouler à une poignée de centimètres seulement, avec juste une vitre et une portière de voiture comme protection, je peux vous assurer que ça n'a rien à voir.

C'est grâce à Antonio que nous avons pu arrivés ici. Son sacrifice nous a servi de diversion. Michaela et moi sommes sortis et avons couru. Je faisais souvent du footing pour maintenir ma forme et ma ligne, mais là j'ai l'impression de n'avoir jamais couru comme j'ai couru ce jour-là. J'ai du jouer des épaules quelques fois pour qu'on puisse se frayer un chemin à travers la foule. Vous ne pouvez pas imaginé le soulagement que j'ai eu en passant le checkpoint, en foulant pour la première fois la pelouse du stade. Ce qu'on vit ici est à des années lumières de la vie que je menais avant. Qu'on menait. Je pense qu'elle est dans le même état que moi, un peu perdu. Et je dois avouer que ça me rend fou de ne pas être maître de la situation, de savoir que je ne peux rien faire pour changer la donne. Voilà. C'est ça mon histoire. C'est quoi la votre ?

- Lo sentimos señor, hablamos pobres Inglés.

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Mar 17 Nov - 7:17

Chronologie

1977 naissance
1995 début fac - 18 ans
2000 fin fac - 23 ans
2000-2003 - KKR
2003 MBA - 26 ans
2005 Mariage - 28 ans
2006 Fin MBA, Blackstone - 29 ans
2008 Michaela - 31 ans
2010 Création de l'entreprise - 33 ans
2011 Envoyage en l'air en voyage d'affaire 34 ans

2015 Apocalypse 38 ans

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Lun 30 Nov - 3:16


Jack Matheson
41 ans • Américaine • Ouvrier dans le bâtiment • Solitaire
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i've got a war in my mind

Il est difficile de comprendre un homme quand on ne connaît pas son histoire. Si celle de Jack est plutôt simple, elle explique pourtant beaucoup de choses à propos du gaillard. La majeure partie de son comportement peut être expliqué par un simple fait : il a grandi sans réelle présence féminine. Les seules femmes qu'il a côtoyé étaient ses professeurs, si encore on peut appeler ça côtoyer, et les amies de son père. Mais ce n'était pas le même chose que d'avoir une femme à la maison. En découle un homme qui a très vite dû s'endurcir pour suivre l'éducation à l'ancienne que lui a donné son paternel. Ce dernier, s'il était loin d'être parfait, lui a tout de même transmis tout un tas de valeur qu'un homme, un vrai, se doit d'avoir. À commencer par la droiture, dans tout les sens du terme. C'est un type honnête, Jack, il est pas du genre à entuber les gens ou à leur faire des crasses dans le dos. Enfin, par les temps qui courent, on peut pas vraiment savoir à quelle extrémité sera amené un homme. Loyal également, il serait prêt à se coucher sous un camion pour ceux qu'il considère être de ses amis. Ça lui a valu un sacré paquet de bleus d'ailleurs. Il est comme ça, il ne laisse jamais tomber ses potes, peu importe la situation, même si cela implique de se faire taper dessus. Intrépide diront certains, tête-brûlée diront d'autres, mais un peu d'adrénaline n'a jamais fait de mal à personne. Pourtant il est pas du genre à chercher la merde. Disons simplement qu'avec lui, on la trouve rapidement.

Vu l'environnement dans lequel il a grandi, il allait certainement pas choisir un métier de bureau. Manuel depuis son plus jeune âge, c'est naturellement qu'il s'est dirigé dans le bâtiment, suivant ainsi la voie tracée par son père. Débrouillard, ingénieux, il trouve toujours un moyen de bricoler un truc. C'est le genre de gars qu'on aime bien avoir dans son voisinage quand on est pas foutu de savoir réparer une fuite. Surtout qu'il rechigne pas trop à rendre service. Ça a fait de lui quelqu'un d'autonome qui sait très bien se débrouiller tout seul. On a beaucoup plus besoin de son aide, que lui celle des autres. Après, sa carrière n'a pas amené que des bonnes choses. Au contraire, plutôt que d'adoucir un peu le personnage, elle n'a fait que renforcer des traits de caractères latents de sa personnalité. Bourru, macho, nommez-les, il les a. C'est peut-être pour ça que sa vie sentimentale a été un raté monumental. À ce niveau-là, il est allé d'échecs en échecs, de déceptions en déceptions. Faut dire que c'est pas le compagnon idéal pour égayer vos soirées. Laconique, il parle peu, sauf avec ses amis, devant une bière dans le bistrot du coin ou un bon barbecue. Quand bien même vous réussiriez à avoir une conversation, il a des avis tellement arrêté sur les choses que parler à un mur serait, à peu de choses près, la même chose.

Vous l'aurez compris, passé son côté un peu brut de décoffrage, c'est pas un mauvais bougre.


and blood on my hands

Jack a le physique d'un ours. Faut dire qu'avec son mètre quatre-vingts dix et ses quatre-vingts dix kilos, on peut difficilement dire de lui qu'il a un petit gabarit. Imposant oui, surtout que ce n'est pas un tas de graisse. Son corps a été forgé par des années et des années de dure labeur. Vingt deux pour être plus précis. C'est peut-être pour ça qu'il a les traits tirés. Enfin, c'est pas quelques rides qui viendront gâcher le vert clair de ses yeux. Et puis les nenettes aiment bien ça non ? Ça, les cheveux noirs tirant à quelques endroits sur le poivre-et-sel. La barbe. Oui, qu'on se le dise, il n'y a que deux types de personnes qui n'ont pas de barbes : les femmes et les jeunes garçons. Matheson n'est ni l'un ni l'autre donc oui, depuis qu'il est en âge, il a toujours porté la barbe. Parfois elle est courte, de quelques jours seulement, parfois plus longue. Ça dépend de quand il se décide à l'entretenir. C'est à peu près la même avec ses cheveux, ça dépend un peu de quand il se décide à aller chez le coiffeur. Il laissera jamais sa tignasse pousser jusqu'aux épaules, grand dieu non, mais ils sont parfois court, d'autre fois plus long.

L'homme n'a pas beaucoup de signes distinctifs pouvant clairement l'identifier hormis deux tatouages sur le pectoral gauche. Il représente un Corvus Corvax, un Grand Corbeau, perché sur une croix de Saint-André. Le corbeau est le symbole des Dieux. En effet, qu'il s'agisse de Lugh le polytechnicien ou de la Morrigan – la Déesse de la Guerre parfois représentée par un trio composé de La Morrigan, de Badb et de Macha – tous sont reliés au corbeau. La croix de Saint-André est tout simplement la croix ornant le drapeau écossais et, par extension, celui du Royaume-Uni. Son second tatouage, sur le bras bras droit de l'épaule au coude, est un autre symbole le rattachant à ses lointaines origines écossaises : une représentation du Gáe Bolga, l'arme mythique de Cú Chulainn, le plus grand héros du cycle d'Ulster.

Jack a des goûts simples en matière de fringues. Il faut comprendre par là que sa garde-robe se compose à 90% de jeans, de chemises, en toile ou en lin pour la plupart, de pull en laine. Il doit avoir quatre paire de pompes, deux de sport, une de ranger, une de randonnée. C'est pas vraiment le genre du bonhomme de s'intéresser à la mode. Si ses tenues sont pas dépareillées, c'est déjà bien. Faudra pas lui en demander plus. De toute façon, c'est pas les infectés qui iront lui dire qu'il a mis plus de trois couleurs et que «Ahlalala ! Ça ne va pas du tout ma chérie ».

Son plus gros avantage dans tout ça, c'est qu'il était presque préparé à ce que le monde parte en couille. En bon républicain, défenseur du deuxième amendement, Jack avait évidemment une arme chez lui. Un Mateba 6 Unica, un petit bijou qu'il affectionne particulièrement. Une oui, parce que même si il aime bien les armes à feu, ce n'est pas un fana de la gâchette. À sa disposition sinon, tout un tas d'outils qu'il avait déjà sur place à l'endroit où il a décidé d'établir sa planque. Si certains, comme son marteau, pourraient être reconvertis en arme, il n'est pas assez con con pour tenter le Diable et aller se battre au corps-à-corps contre des infectés armé seulement d'un tournevis. Il est tête-brûlée, certes, mais pas suicidaire.

a storm is coming

Le quarantenaire soupira un bon coup, contemplant les feuilles blanches pendant quelques secondes, avant de se mettre à écrire.

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« Je m'appelle Jack. Plus banal tu meurs. Je fais partie de ce qu'on appelle les Scotto-Américains. Ouais, je sais, on entend pas trop parler de nous. Tout le monde n'en a qu'après les irlando-américains. Pourtant, les écossais sont un très grand peuple. Tenez, vous saviez que plus de la moitié des présidents américains avaient des origines écossaises ? Bill Gates aussi esst un scotto-américain. Bah moi, je suis comme eux. Je peux facilement retracer mes origines au clan Matheson. D'ailleurs c'est mon nom Matheson. Étant donné qu'on descend de la branche Matheson des Highlands, mon nom en gaélique c'est Seoc Mac Mhathghamhuin. Y a quelques débats sur la signification du nom. Certains disent que ça veut dire "Fils de l'ours", d'autres disent que c'est "Fils de héros". Personnellement, je tiens plus de l'ours que du héros mais bon. Ne vous inquiétez pas, je ne vous demanderai pas de le prononcer. Encore moins de savoir l'écrire. Dans tout les cas, ça fait de moi un petit petit petit petit... Vous avez saisi l'idée. Petit cousin de l'actuel baronnet. Autant vous dire que j'ai rien d'un nobliau.

On a une petite tradition dans la famille. Elle a été instaurée par Cináed, mon premier ancêtre a avoir posé un pied sur le continent américain. Toujours, toujours avoir un héritier mâle. Pour que le nom puisse se transmettre. C'était un type fier de ses origines, de ce qu'on en dit. Moi, je suis le troisième de ma famille. Je suis né le 17 mai 1974. Le 17 mai 1974, c'est aussi la date à laquelle ma mère est morte. Oui, elle est morte en me mettant au monde. Les médecins ont sorti leur blabla habituel de "complications survenues pendant l'accouchement". J'ai grandi seul avec mon père. Enfin seuls pas vraiment. J'ai deux grands frères aussi, Scott et Grant, de vingt et quinze ans mes aînés. Scott était déjà parti faire sa vie en Californie quand j'ai débarqué et Grant est pas resté bien longtemps à la maison. Je ne leur en veux pas. Je les comprend même. Faut dire que mon vieux était un peu... Particulier.

Glenn, mon paternel, il est né à Aberdeen en 1929, en plein krach. Aberdeen, Washington, pas Aberdeen, Écosse. Il a rencontré Fiona, ma mère, une scotto-américaine elle aussi, ils se sont mariés, ont déménagé à Seattle et ils ont fait deux mômes. Et puis il est parti faire la guerre. Il n'a jamais voulu me dire comment c'était le Viêt Nam, tout ce que je sais, c'est que d'après ma tante, il est revenu changé. Il s'est mis à boire. Oh non. Non non non, je vous vois venir. Vous pensez qu'il battait ma mère, mes frères et moi plus tard ? Et bah non. Des roustes, je m'en suis prise et pas qu'une mais elles étaient toujours méritées. Non, lui quand il buvait, il divaguait. Le vieux avait tout un délire de survivaliste. Il pensait que la fin du monde allait arriver. Une fois c'était une crise économique sans précédents. Une autre c'était une guerre nucléaire avec les Rouges. J'ai eu le droit à toute une panoplie de catastrophes, toutes plus colorées les unes que les autres. On devait avoir de la bouffe pour six mois dans la réserve. Sérieusement. Enfant, je comprenais pas trop donc je suivais le mouvement. Et puis à l'adolescence, je me suis juste dit que mon paternel était cinglé. J'ai pas toujours été un très bon fils et je regrette très sincèrement.

Je regrette parce que passé cette fantaisie, c'était un bon père. Il m'a appris plein de choses. À commencer par le gaélique. Dès qu'il y avait un cèilidh, il m'y emmenait. Les céilidh, c'est des réunions de la communauté écossaise où on chante, on danse, on se raconte des histoires, ce genre de trucs. Je dirais pas que je maîtrise, mais je sais suffisamment bien parler pour comprendre les chansons qu'on y chantait et les lectures qu'on y faisait. On allait à l'église tout les dimanches aussi. Il faisait en sorte que je sois entouré, mais c'était pas comme avoir une femme à la maison. Dès qu'on rentrait, il n'y avait plus que lui et moi donc bon. Il m'a mis chez les Scouts aussi. Ça par contre, c'était à cause de son délire d'apocalypse, pas pour que je sois entouré. Il disait que faire du scoutisme me préparerait et que leur devise c'était pas "Toujours prêt" pour rien. Il avait pas tort. Manque de bol, j'étais pas là le jour où ils ont donné la leçon sur le fait de bien se comporter, tout ça tout ça. Bon j'exagère un peu mais c'est vrai que toutes leurs leçons n'ont pas nécessairement bien porté leurs fruits.

Du coup, voilà, c'est dans cette ambiance là que j'ai grandi. À l'école ça se passait pas trop mal. J'étais un gosse un peu renfermé mais on me faisait pas trop chier parce que j'étais le gamin qui était déjà plus grand et plus costaud que les autres. Vous voyez de quoi je parle, on en a tous eu connu au moins un. Mes résultats étaient corrects. Ni plus ni moins. J'préférais jouer aux Legos que faire mes devoirs alors forcément ça n'aidait pas trop. En y repensant, je crois que je me suis toujours emmerdé à l'école. Du coup, j'ai arrêté après le secondaire, une fois mon diplôme en poche. Je me suis à bosser dans l'entreprise de mon père. Une petit boîte dans le bâtiment qu'il avait monté quelques années après son retour du Viêt Nam. Il faisait un peu de tout, de la maçonnerie, de la plomberie, de la peinture, de la charpente, des toitures. C'était pas vraiment ma première fois. À quatorze ans déjà, il me traînait sur des chantiers pour que je lui file un coup de main. À la base, c'était pour que j'apprenne à me débrouiller plus tard. Il disait que si un jour je devais être l'homme de la maison, je devais savoir réparer une fuite, monter un meuble, enfoncer un clou dans un mur sans m'éclater le pouce. Il avait raison. Mais au final, ça m'a plu et c'est ça que je voulais faire. Je savais que je ne mènerai jamais une grande vie, que je ne gagnerai jamais de salaires mirobolants mais je voulais vraiment faire ça.

Glenn est mort en 1998. J'avais vingt-quatre ans à l'époque. Une cirrhose. Sur la fin, il était vraiment diminué. Moi, ça faisait des années que je me disais qu'il était tout simplement marteau. C'était un peu pour ça que je travaillais avec lui d'ailleurs. Je voulais garder un oeil sur lui. Scott est revenu de Californie, Grant d'Edinburgh, où il s'était installé quelques années plus tôt. On l'a fait incinéré sur le doux air de Chì mi na mòrbheanna, une complainte écossaise parlant des montagnes du pays. C'est là-bas qu'on a jeté ses cendres. Nous avons fait le voyage tout les trois. Je n'étais pas particulièrement proches de mes frères, nous n'avions pour ainsi dire pas grandi ensemble mais la mort du vieux nous aura vraiment réunis. Après ça, nous prenions des nouvelles plus souvent et il nous est arrivé plusieurs fois de faire le voyage Scott et moi pour aller voir Grant. Je pense que j'étais un chouette tonton, malheureusement, j'ai jamais eu de famille à leur présenter. Ma vie sentimentale a toujours été un vrai désastre. Certains ont de la chance, d'autres non. Si j'avais un peu de succès auprès de la gente féminine, j'ai jamais pu trouver la bonne et je suis allé de déception en déception. Peut-être que je n'étais tout simplement pas fait pour être avec quelqu'un. À mon retour, j'ai fait les démarches nécessaires et j'ai repris l'entreprise de mon père.

J'ai mené ce qu'on pourrait qualifier une vie banale, sans grandes prétentions. Je me levais tout les matins, j'allais travailler, je rentrais. Le soir, je me détendais en buvant un scotch. Je pouvais compter sur Grant pour m'envoyer de bonnes bouteilles. En même temps, c'était là dedans qu'il travaillait. Parfois, j'allais boire un pot dans un pub avec mes potes. Certains d'entre eux étaient même des collègues de boulot – j'avais recruté quatre types pour bosser avec moi, des scotto-américains comme moi. Je participais toujours aux cèilidh, c'est là-bas que je les ai rencontrés. En toute modestie, je pense que j'étais un membre apprécié de la communauté et de mon voisinage. Ma vie a beau avoir été sans incroyables rebondissements, j'en étais amplement satisfait.

on the highway to hell

"Le vieux avait raison".

C'est la première chose à laquelle j'ai pensé en regardant mon écran de télévision. Pas au début non. Au début, je pensais que c'était de drôles de faits divers, comme un peu tout le monde je présume. Mais quand ça a pris de l'ampleur là... Là, je me suis vraiment dit que le vieux avait raison. Pendant des années, je l'ai entendu dire que la fin du monde arrivait. Des années. Ce qui m'ennuie un peu, c'est que j'espérais ne pas en être témoin. Le destin en a décidé autrement. L'avantage, c'est que j'étais presque prêt à l'accueillir cette apocalypse. Le problème, c'est que c'est arrivé trop vite pour que je sois prêt à 100%.

Quand ça a démarré, mes gars et moi, on bossait sur la baraque dans laquelle vous vous trouvez. Y avait pas grand chose à faire. On devait refaire la clôture, replacer quelques tuiles pour pas que la baraque prennent la flotte l'hiver venue, décaper un peu les murs externes et remettre un coup de peinture. Idem pour les volets. Les Ackermanns, les proprios de la maison étaient pas là. Ils s'étaient cassés en vacances à Los Angeles pour nous laisser bosser. C'est un peu naturellement que je me suis réfugié chez eux. Ça m'a paru être le meilleur choix. La baraque était grande, le quartier calme et puis faut dire que presque tout mon matos était là bas. Du coup, après avoir pris autant d'affaires que possible et fait autant de réserves que je pouvais, j'ai quitté ma bicoque sans regarder en arrière. J'ai bien essayé de joindre mon équipe mais les lignes étant saturées, le seul que j'ai réussi à avoir c'était Declan, un type de vingt-cinq ans. Et ça en faisait trois qu'il travaillait avec nous. Un bon gars. On a tracé la route jusqu'à la maison et on s'est terré là. On s'est fait discrets au début même si, très honnêtement, on en a pas eu trop besoin. Le quartier se vidait petit à petit et les voisins nous avaient suffisamment vu les jours précédents pour pas nous faire de remarque. Peut-être qu'ils pensaient qu'on étaient bien cons et qu'on travaillait encore malgré ce qu'il se passait. En fait, on en branlait pas une. Chaque jour, nous restions pendus à la télé pour suivre les dernières informations et c'était à peu près tout.

Quand ils ont décrété la loi martiale, c'est là qu'on a compris que tout était perdu. Moi en tout cas. Pour que le gouvernement en vienne à cette extrémité, c'est que c'était loin d'être anodin. Declan, lui, il y croyait encore. Ça se voyait qu'il avait pas grandi avec un type comme mon paternel. C'est moi qui lui ai dit qu'il fallait qu'on barricade la maison pour se protéger. C'est ce qu'on a fait, du moins pour le rez-de-chaussée. Comme vous le constaterez, on a dû démonter quelques meubles histoire de récupérer du bois et de sécuriser les fenêtres. De toute façon, c'est pas les Ackermanns qui seraient venus nous emmerder. Avec le gel du trafic aérien, y avait peu de chance qu'ils débarquent ici comme des fleurs. C'est le 5 novembre que Declan est mort. C'est aussi à cette même date que j'ai dû tuer mon premier infecté.

Comme vous avez pu le constater en venant ici, la maison des Ackermanns est bordée d'un petit bois. C'était là-bas qu'on était. On voulait commencer à amasser du bois mort pour la cheminée. L'hiver approchait à grand pas, si nous voulions avoir de belles réserves, il fallait commencer tôt. Avec les scouts, j'avais été habitué à passer du temps en forêt, à l'écouter, mais là je dois bien avouer que je me suis fait avoir comme un bleu. Declan me racontait une blague de comptoir histoire de passer le temps quand il nous est tombé dessus. Il était seul à déambuler dans les sous-bois. Nous, nous étions séparés de quelques mètres. J'avais mon revolver avec moi. Mon revolver et tout un tas de branche entre les bras. Je suppose que j'ai eu de la chance qu'il s'attaque d'abord au petit jeune et pas à moi. J'ai entendu Declan hurler. Le temps que je réagisse, l'infecté lui avait déjà arraché la jugulaire. J'ai tout lâché pour me porter à son secours, tout sauf la plus grosse branche qu j'avais entre les mains. Le reste est encore un peu brouillon dans ma tête. Je me souviens du sang. Il y en avait partout. Je me souviens des coups. Je ne saurais pas dire combien de coup je lui ai donné à connard mais je l'ai martelé. J'avais la rage. Je l'ai tellement frappé que quand j'en ai eu fini avec lui, sa tête ressemblait à de la bouillie informe. J'ai laissé le jeune là. Et le bois. Je suis téméraire d'habitude mais là, je faisais pas le malin. Je suis rentré en courant, je me suis barricadé, je me suis lavé. Et j'ai bu. J'ai beaucoup bu ce soir-là.

Je vais devoir y retourner. C'est pour ça que j'écris cette lettre. Je vais devoir faire des réserves. Je vais devoir sortir. Je vais devoir être confronté à ces choses. Si jamais un jour je ne revenais pas et que vous trouvez cette maison : utilisez-là comme je l'ai fait. Considérez ça comme mon héritage. Vous y serez à l'abri. Il reste encore beaucoup à faire pour que le périmètre soit complètement sécurisé mais elle pourra vous servir de refuge un moment. N'hésitez pas à continuer ma tâche.

Survivez.

Jack Matheson.»

-----

Posant le stylo à côté des feuilles, Jack relut ce qu'il y avait écrit. Un condensé de ce qui avait été son histoire. Ce n'était pas fantastique, mais c'était la sienne. Il enfila un sac à dos et attrapa le tas de petite feuille. En quelques pas, il rejoignit le couloir principal du rez-de-chaussée et glissa son manifeste sous un coin du pot de fleurs trônant sur le meuble de l'entrée. Une fois assuré que le message était bien en évidence, il ouvrit la porte d'entrée, réajusta les bretelles de son sac à dos et sortit.

time to meet the devil

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MessageSujet: Re: Les fiches de moi.   Ven 22 Jan - 19:38


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STEP ASIDE, STEP ASIDE

Oh, let The Whistler through !
You better bless these wicked hands,
Cause they got a mind of their own...

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You handle your own when you become a man

And become a man when you handle your own
Ain't much I can do but I'll do what I can
But what can I do if I do till it's gone...

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